Les Menhirs de Monteneuf

Un site archéologique

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Depuis 30 ans, le site des Pierres Droites fait l’objet de recherche archéologiques : fouilles, diagnostic préventif, prospections. Ces opérations de natures différentes sont complémentaires et dessinent un site avec des files de pierres dressées (Lecerf 1995), une connaissance de la chaîne opératoire de ces stèles, une variété de structures mégalithiques (Brisotto 2011) et, parallèlement, un site étendu sur plus de 10 hectares avec une organisation architecturale par typologie de monolithes et selon un axe Est-Ouest (Tardieu 2016).

 

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Le site se compose de plus de 400 menhirs dont 42 sont dressés et organisés en file. Le site fait l’objet d’une double protection archéologique et naturelle : en 1996, il a été inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. Depuis 2013 il est classé en Réserve Naturelle Régionale intitulées  « Landes de Monteneuf » labellisé Espace Remarquable de Bretagne en région Bretagne.

 

La première indication du site est réalisée par le Chanoine J. Mahé en 1825. Il cite la présence de « 7 à 8 peulvans dans le secteur » (Mahé 1825) ce qui vaudra à la route qui sépare la site (actuellement D776) le nom de « route des Pierres Droites » sur la cadastre Napoléonien.

Depuis, plusieurs modes de recherches archéologiques ont eu lieu sur le site. Elles ont débuté avec les fouilles, sur 1 hectare, menées par Y. Lecerf de 1989 à 1996 (Lecerf 1993). Les 8 campagnes de fouille ont permis d’apporter des éléments de compréhension à la fois sur les époques historiques et préhistoriques. En effet, comme c’est souvent le cas sur les sites mégalithiques, le site a été réutilisé à plusieurs reprises après sa construction initiale. Ainsi, se mêlent sur le site des pierres dressées depuis le Néolithique, des pierres restaurées ou encore d’autres couchées au sol. A Monteneuf, l’impact de l’autorité religieuse au Moyen Age a été fort. En effet, la quasi totalité des menhirs ont été couchés répondant ainsi à la volonté de destruction de symboles païens, . La singularité du site réside dans les traces de manutention des blocs mis à jour : traces de débitage (avec un bloc en cours d’extraction abandonné sur place), éléments de déplacement (rails de bois, sol enfoncé) ou encore de dressage (aire damée).

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Ce site a été érigé à la fin du néolithique, il y a 6500 ans, à l’époque où les Hommes récemment sédentarisés pratiquaient la culture des champs et l’élevage. Ils vivaient dans des maisons parfois de très grande taille, faites en bois, en torchis et en chaume. Toutefois il n’ pas été retrouvé de villages à proximité des menhirs de Monteneuf.

Par ailleurs, les archéologues ont pu mieux comprendre le chantier mégalithique grâce à la découverte de nombreux vestiges (pierres de calage, charbons de bois, trace de rails, etc.). De telles traces sont rares et elles permettent enfin de comprendre comment ce site gigantesque a été construit :

  • pour extraire la roche, une zone de carrière conservée montre l’emploi de coins pour fendre la roche ou de percussion.
  • pour faciliter leurs déplacements,  les bâtisseurs ont eu recours à des rails pour faire glisser ou rouler le bloc de pierre.
  • pour le dresser, ils ont basculé le bloc dans une fosse peu profonde, puis, ils ont installé un chevalet permettant d’augmenter la force nécessaire au levage.
  • enfin, le menhir était calé soit avec des blocs de schiste soit avec un mélange à base de calcaire qui se solidifie au séchage.

Comme toute file de pierres dressées, le site des Menhirs de Monteneuf, bien visible dans le territoire, a suscité l’intérêt ou l’hostilité des civilisations postérieures.

Les menhirs ont ainsi été abattus et sont progressivement retombés dans l’oubli, couverts par la végétation. Les destructions ont probablement débuté dès la fin de la préhistoire et se seraient achevées au Moyen âge (comme en atteste les datations par C14) sous l’impulsion du clergé. D’autres exemples attestent que la destruction de monuments mégalithiques n’est pas exceptionnelle.

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En 2011 lors de la construction d’aménagements d’accueil pour le public, une opération de diagnostic préventif a eu lieu (Brisotto, 2011). Un diagnostic archéologique, peut être prescrit par l’Etat afin de vérifier si le terrain recèle des traces d’anciennes occupations humaines (https://www.inrap.fr/les-etapes-du-diagnostic-9721). A Monteneuf, lors du diagnostic les archéologues se sont aperçus que le site était encore plus étendu et plus varié en structure mégalithique que ce que la fouille avait permis de révéler.

 

Enfin, depuis 2014 il se déroule chaque année des campagnes de prospection (Tardieu 2015, 2016 & 2017). Une prospection consiste essentiellement en l’observation visuelle des structures apparentes ou enfouies sous la végétation. Ainsi, elle vise à identifier la présence de vestiges archéologiques et à collecter des données archéologiques. Plusieurs parcelles ont fait l’objet de telles recherches. La difficulté était, une fois, les blocs découverts, de pouvoir faire la différence entre des menhirs et de simples affleurements rocheux. Aujourd’hui (en 2018), le site se compose de 443 blocs répartis sur plus de 7 hectares. L’étude de la répartition spatiale des blocs révèle une organisation architecturale sous forme de longues files orientées est / ouest ou ouest /est. Nous pouvons voir que les blocs sont organisés selon leurs formes et leurs gabarits.

 

Au vu des questions qui restent en suspens, les investigations archéologiques se poursuivent sur le site. Il ressort surtout l’état exceptionnel de préservation de ce monument et une attention particulière est portée à sa préservation afin de le transmettre aux générations futures.

 

 

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Un Archéosite

logomh_0.jpg  Considérant l’intérêt archéologique exceptionnel des Menhirs de Monteneuf, inscrits Monuments Historiques depuis 1997 ,  les acteurs locaux, publics et privés, n’ont eu de cesse de les faire connaître et de les valoriser.

Le site répond aujourd’hui à l’appellation « Archéosite » qui signifie que la valorisation menée est en adéquation avec le site archéologique qui s'y trouve. Ainsi, s'y trouve en terme de :

  • médiation : le site est un lieu de visite, à la fois ludique et culturel sur lequel des ateliers participatifs sont proposés toute l'année ;
  • valorisation : un sentier de découverte et des espaces de reconstitution en lien avec l'actualité de la recherche archéologique ;
  • recherche : des investigations archéologiques continuent d'être menées afin de délimiter l'extension du site .

Les orientations stratégiques de mise en valeur de l’Archéosite sont rassemblées dans un ouvrage élaboré par un conseil scientifique composé des principaux partenaires agissant pour le site :

  • Oust à Brocéliande communauté, propriétaire et principal financeur des équipements et des activités proposées sur le site ;
  • l’Association Les Landes, gestionnaire scientifique et touristique du site ;
  • le Service Régional d’Archéologie, et les architectes des bâtiments de France, au sein de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne, en charge de la protection du patrimoine ;
  • Le comité de pilotage de la reserve naturelle régionale des landes de Monteneuf.

La mise en œuvre de ce projet a conduit à la réalisation des équipements, reconstitutions et supports pédagogiques présents sur le site ainsi qu’à la programmation des animations auprès du grand public et des groupes scolaires.

 

Pour aller plus loin, vous pouvez télécharger les rapports de prospections :

rapport 2014 rapport 2016 rapport 2017

Structures mégalithiques découvertes lors du diagnostic préventif (Brisotto 2011)
Espace de reconstititution présentant les hypothèses de déplacement d'un menhir
découverte de nouveau menhirs lors de la prospection (Tardieu 2016)
Traces de rails découvertes lors des fouilles (Lecref 1993)
Restauration des menhirs à l'issur des fouilles